Au-delà des chiffres et des bonnes volontés

Même si l’intention de l’université était la création d’une pépinière parmi les étudiants qui seront appelés un jour à assumer le rôle de pionniers investisseurs, la réalité est tout autre…

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C’est d’abord un partenariat économique annoncé qui reste en butte aux réticences de ces mêmes partenaires qui puisent dans l’informel pour mieux gérer les carrières. «Même si l’intention de l’université était la création d’une pépinière parmi les étudiants qui seront appelés un jour à assumer le rôle de pionniers investisseurs, la réalité est tout autre et l’on est déjà loin de la bousculade pour concrétiser cet idéal du côté des autres partenaires, tous épris de belles paroles et de promesses», fustige un enseignant universitaire relevant du département des sciences économiques.

Pour Hamza L., étudiant en médecine à Annaba, l’heure est plutôt à une université qui perd graduellement ses repères. «Nos aînés qui sont en exercice dans les hôpitaux de Souk Ahras et ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’être recrutés nous rapportent des anecdotes de moins en moins encourageantes s’agissant de l’exploitation des compétences médicales, vouées parfois aux pires gémonies par des gestionnaires propulsés par la grâce des accointances partisanes», a-t-il fulminé. Pour l’une des rares spécialités universitaires où l’effort et la persévérance sont encore de rigueur, la médiocrité est au tournant. A Souk Ahras et probablement ailleurs, des scandales avérés remuent dans la plaie plusieurs couteaux à la fois. «On gardera pour longtemps ce fameux feuilleton du département des sciences de la nature, où enseignants et commission souveraine ont été outrepassés dans une indescriptible chute vers l’irrationnel pour inciter tout le monde à banaliser une double inscription où le succès et l’échec sont reconnus en concomitance», a rappelé un membre de la commission d’évaluation pédagogique dudit département pour faire allusion à une étudiante exclue et reconduite sur la liste des étudiants admis dans une autre wilaya. L’université de Souk Ahras, ce sont aussi les injonctions et interférences des groupes de pression, déjà à l’origine de l’implantation des bâtisses sur des terrains flottants.

Des entrepreneurs aux avocats en passant par une foule d’autres groupes d’influence, l’institution ne peut qu’en pâtir quelles que soient les capacités ou la verve du gestionnaire choisi. «Quand nous constatons que le tout passe par le biais d’un noyau inamovible au sein même de l’université et que même l’évaluation pédagogique est soumise à des paramètres autres que le mérite et l’assiduité, nous pouvons désormais conforter les approches les plus pessimistes quant à l’avenir de l’université et toute la société par ricochet», a lancé une enseignante qui participait à la cérémonie officielle et qui a requis l’anonymat. Tout un monde sépare chiffres et réalités.

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