La Tunisie en Russie 2018, la Russie en Tunisie dès 2017

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«Bienvenue à la Russie en Tunisie», une réplique qui résume bien la russophilie ambiante en Tunisie avec la qualification de ce pays à la Coupe du Monde 2018 qu’accueille la Russie.
Elena Sinanova réside depuis près de 30 ans en Tunisie. Cette Russe qui travaille dans une université privée apprécie l’hospitalité de ce pays où elle se considère chez elle. Il y a même comme un petit changement dans les airs depuis un moment.

C’est que la Tunisie sera bien présente, pour la 5e fois de son histoire, à la Coupe du Monde de football qui se tiendra l’année prochaine en Russie. Alors qu’on se rapprochait de la qualification, la Russie devenait presque un effet de mode. Y compris pour ceux qui s’intéressent le moins au foot.
Une russophilie ambiante sur laquelle a surfée l’opérateur national de téléphonie en Tunisie, Tunisie Telecom.

Dans un clip de deux minutes, on entonne sur les airs de Kalinka un «Ya Roussia haou jeyine, a’al deuxième tour ma’amline» (Oh Russie, nous arrivons. Nous comptons sur une qualification au deuxième tour). Ici, le mariage est on ne peut plus harmonieux entre folklore russe, servi par le chant traditionnel Kalinka, et les expressions de l’authenticité tunisienne dans toute sa coquetterie: des lanternes jetant une ambiance clair-obscur sur les ruelles de la vieille ville, l’habit traditionnel safsari enfilé par des figurantes et pour Messieurs chéchias (chapeaux traditionnels rouges) à volonté. Pour couronner le tout, les incontournables youyous.

Bien avant la qualification, définitivement acquise le 11 novembre, les réseaux sociaux n’avaient d’yeux que pour Laetitia, une jeune Russe résidente en Tunisie, arabophone par ailleurs. Elle a été choisie pour faire partie de L’Émission, une production semi-hebdomadaire qui passe sur la télévision privée Attassiaa.

Le succès est immédiat. Foudroyant. Laetitia foulait même le tapis rouge des Journées cinématographiques de Carthage(JCC), sous les yeux admiratifs d’un jeune public.
C’est que, Laetitia confirme Amen, un fonctionnaire tunisien. Un «réductionnisme» qui n’est pas forcément du goût d’Elena, qui préfère mettre en avant, plutôt, la qualité intellectuelle de beaucoup de femmes appartenant à la forte communauté russe en Tunisie. Elle s’en accommode, tout de même, vu l’actualité sportive.

À l’occasion de la réalisation de l’une des rubriques de l’émission, la caméra accompagne Laetitia pour un petit tour dans la deuxième ville du pays, Sfax, où on peut voir, par exemple, un marchand s’exclamer, excité, bras ouverts: «Bienvenue à la Russie à Sfax!».

Même si le recours à des chroniqueurs étrangers arabophones, comme Laetitia, commence à être de plus en plus fréquent dans un paysage audiovisuel tunisien désireux de capter de plus en plus d’audimat, le présentateur de L’Émission, Amine Gara, précise que c’est bien la Coupe du Monde qui a fourni le prétexte au recours à la Russe.

«Alors que le Mondial est pour très bientôt, qu’on est sur le point de se qualifier, la jeunesse tunisienne rêve désormais de la Russie! C’est pourquoi on a décidé de faire venir la Russie ici en Tunisie pour que, vous, jeunes tunisiens, voyez un petit peu ce qui vous attend là-bas, si jamais vous décidez de faire partie des supporters qui feront le déplacement pour être aux côtés de l’équipe nationale», a-t-il annoncé au premier épisode de son émission, diffusée en octobre dernier.

Un amour à toute épreuve, sauf celle, peut-être, d’une rencontre face à la sélection russe lors de la compétition mondiale, que le staff tunisien redoute: après tout la Russie est bien sympathique, mais on ne badine pas avec l’équipe nationale!

2 commentaires
  1. Francesco L'utilisateur a dit

    Personne ne connait pas cet femme russe qui s’appelle Elena Sinanova par contre Laetitia est trés connue en Tunisie.

    1. redacteur L'utilisateur a dit

      Certes, mais cela n’empêche pas d’évoquer aussi d’autres personnes « anonymes » et « moins connues » voire « inconnues » jusque là pour les faire sortir de cet anonymat. Si vous pouvez avoir des « témoignages » d’autres personnes du genre, on se ferait un plaisir de les faire connaitre au grand public.
      Votre bien dévoué
      Le rédacteur

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