Réponse de la rédaction du supplément étudiant

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique use de son droit de réponse à travers une mise au point à l’article intitulé «suppression de la publication scientifique : Doct..

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Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique use de son droit de réponse à travers une mise au point à l’article intitulé «suppression de la publication scientifique : Doctorat, vers la dilution du diplôme ?», paru sur ce support en date du 8 novembre dernier.

Dans son réquisitoire contre ledit texte, le ministère s’élève d’abord, contre la dénonciation d’un cas suspecté de favoritisme en faveur de la fille du recteur de l’université de Ouargla pour l’accès à la formation doctorale. Or, l’article en question parle d’ «accusation» de tricherie sur une situation que le ministre lui-même a commenté en public.

Dans une intervention télévisée, Tahar Hadjar, le ministre de l’enseignement supérieur, défend le droit des enfants des responsables à réussir dans les concours organisés par son secteur. Oui, mais lorsque les règles sont respectées et ces dernières ne le sont pas toujours. Les cas d’ «accusation» de favoritisme sont légions.

Les messages, preuves à l’appui, de ces dépassements inondent la rédaction du supplément étudiant. Passés maîtres dans le dévoiement des règles, certains responsables d’établissements du supérieur usent et abusent de techniques toujours plus discrètes et sophistiquées pour faire passer leur «clientèle». Sinon, comment expliquer que des candidats au concours de doctorat classés sur la moyenne générale de leur cursus de Master réussissent leur concours avec des notes bien inférieures à 10/20. Des lauréats qui ont des moyennes de 12 voir 14/20 au master sont notés à 5 voir 3/20 lors du concours, et accèdent à la formation ! Cela sent à plein nez le gonflement des notes tout au long des cursus.

Par ailleurs, dans son intervention télévisuelle, le ministre explique la démission d’un responsable de la même université par le fait que son enfant n’ait pas été inclus dans la liste des admis ! Alors posons-nous la question : pourquoi un responsable démissionnerait de son poste pour cette raison, si ce n’est pour la remise en cause du concours et des ses résultats ?! tentant de minimiser l’ampleur de ces cas de triche, le ministre déclare que des commissions d’enquêtes seraient mises en place «si cela s’avère nécessaire». Alors, que ces commissions, pour peu qu’elles soient véritablement indépendantes, soient mise en branle.

Ensuite, dans son second volet, le ministère renie son intention de supprimer la publication scientifique pour l’obtention du Doctorat. Or, depuis l’annonce de l’approbation par le gouvernement du contenu de deux décrets relatifs aux «conditions et modalités de l’habilitation universitaires» et au «régime des études LMD», le 7 octobre 2017, la rédaction d’El Watan étudiant n’a eu de cesse de contacter l’institution pour avoir des informations sur lesdits textes. En vain. Comment peut-on expliquer qu’un projet de décret arrivé à un tel stade de maturation qu’il se retrouve sur le bureau du gouvernement, soit à ce point tenu secret ?! Rappelons juste que le droit à l’information est un droit constitutionnel. L’Article 51 de la constitution algérienne stipule bien que : L’obtention des informations, documents, statistiques et leur circulation sont garanties au citoyen.

La nature à horreur du vide, et devant le mutisme de l’institution, la porte est largement ouverte aux «fuites organisées» voir aux ballons de sondes. Sinon comment expliquer, encore une fois, que l’information soit éditée dans plusieurs supports médiatiques entre autres, le très public quotidien national d’information El Moudjahid – voir l’article intitulé «Recherche scientifique : Les conditions d’obtention du doctorat seront revues» publié le 7 novembre dernier- ?!

Par ailleurs, nous aurions souhaité, qu’en plus de ces deux griefs portés par le texte du ministère, que des éclaircissement soient apportés au sujet de l’accaparement par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique de l’accès aux sites et revues scientifiques et des entraves dressées devant les chercheurs qui luttent pour publier.

Cela dit, et toute polémique mise à part, la communauté universitaire, à travers des messages adressés à l’équipe rédactionnelle du supplément étudiant, exprime sa satisfaction quand au recul du ministère concernant la décision de supprimer la publication scientifique pour l’obtention du diplôme de Doctorat ce qui aurait eu des conséquences lourdes sur la valeur de ce diplôme. L’essentiel est là.

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