Enseignement supérieur : le Cnes dénonce les passe-droits des étudiants VIP

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Suite à une plainte déposée contre l’administration de l’université Alger 1 l’accusant de favoritisme au profit de deux personnalités politiques, le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs s’est prononcé, cette semaine, en sanctionnant l’actuel ministre des Relations avec le Parlement Tahar Khaoua et l’ex-ministre de la Solidarité Mounia Meslem, en annulant de façon partielle, les résultats des délibérations les concernant dans l’un des modules étudiés dans le cadre d’un Mastère en droit, a-t-on appris.
Cette décision, si elle a été applaudie, révèle bel et bien la dégradation de l’université algérienne gangrénée par toutes sortes de scandales.

En effet, ces dernières années, de nombreux cas de fraudes lors d’examens supérieurs ont été rapportés par les syndicats du secteur et organisations estudiantines mais sans pour autant qu’il y ait une réaction des doyens d’université ou de la tutelle qui semblent vouloir maintenir un certain système de fonctionnement au sein des facultés. « Nous avons dénoncé ces agissements à maintes reprises.
Cette affaire conforte nos dires sur la présence de passe-droits au sein des facultés algériennes.

Les cas de Meslem et Khaoua sont loin d’être des cas isolés. Ils sont d’ailleurs nombreux à accéder au concours de doctorat et de mastère avec des moyennes bien inférieures à 10/20. Mais ce sont des personnes influentes protégées par certains responsables.
C’est d’ailleurs à cause de ces dépassements que l’université algérienne a perdu son éclat d’antan. Ce qui se passe est vraiment incroyable », a indiqué Abdelmalek Azzi, coordinateur national du Conseil national des enseignants du supérieur.

De son côté, Mohamed Rezig, coordinateur du Cnes à la faculté Alger 3, a estimé qu’il est plus que temps de mettre un terme à ces scandales qui entachent la réputation de l’université algérienne.
« Cela se passe ainsi depuis déjà de nombreuses années dans nos facultés, seulement là, l’opinion publique est informée grâce aux médias et aux réseaux sociaux. Nous faisons face aujourd’hui à une nouvelle catégorie d’étudiants VIP qui n’assistent ni aux cours et ni aux examens parfois, mais qui obtiennent des 18.

Cela est aberrant et décourage le reste des étudiants », a-t-il fait savoir. Rappelons que de nombreux cas similaires de triche ont été enregistrés au sein de la faculté d’Alger3, à l’instar de l’étudiant renvoyé par le conseil de discipline et revenu sur place en compagnie du doyen pour passer un examen, 45 minutes en retard. Récemment, les facultés des sciences économiques, secouées par un scandale lors du dernier concours de doctorat, où deux étudiants pris en flagrant délit de triche ont réussi à passer l’examen.

Selon certaines indiscrétions, il s’agit d’enfants de deux responsables au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur. « Personne n’interdit aux enfants de responsables d’obtenir des doctorats et des mastères, mais il faudrait qu’ils le méritent. Une commission d’enquête doit être diligentée dans ce cas. Cependant, il ne faut pas confier ce genre de tâche à un inspecteur du ministère, mais au conseil scientifique de la faculté », a fait savoir Mohamed Rezig.

Rappelons que le Cnes envisage d’initier une action de débrayage, le 17 décembre prochain, afin de dénoncer les atteintes aux libertés syndicales au sein des facultés, mais aussi la dégradation de l’Université algérienne.

In: Reporters du 14 Decembre 2017

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