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Je rêve de revenir enseigner en Algérie malgré la sous-estimation et la marginalisation

J’ai commencé à travailler en Algérie en 2006 sans équipements ni aide des experts. Je n’avais qu’un ordinateur avec une connexion internet. J’ai téléchargé certaines bases de données internationales ..

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J’ai commencé à travailler en Algérie en 2006 sans équipements ni aide des experts. Je n’avais qu’un ordinateur avec une connexion internet. J’ai téléchargé certaines bases de données internationales et j’avais commencé à travailler dessus, en essayant d’apprendre par moi-même, parce que j’étais le premier étudiant à travailler dans ce domaine en Algérie.

Avec beaucoup de travail et un peu de chance, j’ai reçu une bourse de la part de JICA (une agence japonaise de coopération internationale) en 2011. Une fois accepté, j’ai poursuivi mes études de doctorat en traitement de l’information dans l’une des universités les plus prestigieuses du Japon (Tokyo Institute of Technology).

J’ai terminé mon projet de doctorat sur les interfaces cerveau-machine en deux ans et demi en mars 2015, ce qui fut un grand succès. Depuis ma graduation, je suis devenu un chercheur à Osaka University. J’ai réalisé plusieurs travaux dans ce domaine et j’ai publié aussi plusieurs articles dans des revues scientifiques internationales.

Pourquoi nos universités ne sont-elles pas parmi les 100 meilleures du monde ?

Pour la simple raison que certains responsables dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Algérie pensent que l’université est comme le lycée ou le primaire, malheureusement. L’enseignement «supérieur» doit être basé sur l’exploitation du savoir scientifique.

Il faut valoriser la pensée critique, la liberté de penser, les conférences scientifiques, les événements culturels, l’autonomie des étudiants, les travaux pratiques, les stages industriels, les collaborations nationales (et non pas uniquement internationales), la production scientifique (articles scientifiques ou de brevets) qui se basent sur l’innovation et la recherche dans les laboratoires bien équipés. Donc, il ne s’agit pas d’assurer l’enseignement pour l’enseignement et l’examen seulement… En outre, nos étudiants ont besoin de clubs scientifiques et de cafés littéraires en plus et non de syndicats.

Le rôle principal des enseignants universitaires doit être fourni dans un environnement propice à la discussion libre et à la créativité, tout en stimulant l’esprit des étudiants et en y installant un mode de compétition pour créer des idées novatrices et révolutionnaires susceptibles de changer le monde. Il s’agit donc de dépasser le simple rôle de lister les connaissances.

L’enseignement de qualité est tout un processus intelligent conçu pour déchiffrer les mystères de l’univers. L’enseignement supérieur et la recherche scientifique sont un passeport vers la civilisation, la création de connaissances, l’innovation et la révolution industrielle, ce n’est pas par la restauration des connaissances du passé qu’on peut facilement retrouver sur internet.

La complexité de retourner en Algérie : Les obstacles et les solutions

J’aimerais bien retourner aujourd’hui en Algérie pour contribuer au développement de mon pays. Malheureusement, les portes sont fermées et on n’a aucun soutien de la part du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. La solution est très facile, nous devons utiliser des critères internationaux au niveau du recrutement universitaire et arrêter le «socialisme» dans le recrutement.

Malheureusement, nous jugeons encore les personnes par leur âge et non par leurs connaissances, compétences et leurs accomplissements, car chez nous, on mélange souvent l’âge avec l’expérience. J’aimerais bien transférer cette nouvelle technologie (interface cerveau-machine) et le savoir-faire vers mon pays.

Ce n’est que de cette manière qu’on peut aider plusieurs personnes handicapées en Algérie, par la réalisation de systèmes intelligents d’aide au handicap moteur et même par la création des start-up dans ce domaine d’avenir, où tout le monde investit beaucoup d’argent pour maîtriser cette technologie, comme Facebook, Elon Musk et maintenant Microsoft, qui dépose une série de brevets sur computer-mind control.

Pour être honnête, je rêve tous les jours de revenir enseigner en Algérie, malgré la sous-estimation et la marginalisation de la part de certaines autorités algériennes. Je crois que moi, comme d’autres élites scientifiques établies à l’étranger, on a un fort sentiment patriotique émanant du sens du devoir qui nous interpelle pour donner en retour au pays et aider à l’édification d’un avenir meilleur sans économie exclusivement pétrolière.

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