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Workshop sur la thermodynamique

Haroun Righi, chef de département et membre du Laboratoire d’études physico-chimiques des matériaux (LEPCM), organisateur de l’évènement, nous explique que les objectifs du workshop étaient la rencont..

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Haroun Righi, chef de département et membre du Laboratoire d’études physico-chimiques des matériaux (LEPCM), organisateur de l’évènement, nous explique que les objectifs du workshop étaient la rencontre entre chercheurs : «C’est naturellement destiné aux enseignants chercheurs algériens. Mais l’impact fondamental est pour les étudiants du Master et de doctorat. Avec ce workshop, ils ont l’occasion de côtoyer les chercheurs de haut niveau. Leurs travaux de recherche n’en seront que rehaussés». Or, le lien direct de cette spécialité et ses applications concrètes dans le domaine industriel sont incontestables.

En ce sens, nous avons interrogé les spécialistes algériens sur ce lien, quasi absent, et les causes qui en sont à l’origine, notamment dans les conditions économiques qui sont les nôtres. Selon le Dr Righi, cette spécialité est le pilier de l’industrie. «On ne peut utiliser un matériau sans connaître ses propriétés thermodynamiques : température de fusion, changement de phase, formation des alliages, etc. C’est l’étape fondamentale de l’industrie. Tout alliage métallique n’est utilisable dans l’industrie qu’avec l’établissement préalable de ses propriétés thermodynamiques», explique-t-il. Le défaut de ce lien, selon Cherif Belamri, professeur dans le même département, découle de l’absence de volonté politique de développer les laboratoires scientifiques. «C’est tout un système économique, autrement dit politique», conclut-il. Il explique que les produits algériens ne sont compétitifs ni à l’échelle mondiale ni à l’échelle régionale. Cela devrait naturellement générer des demandes d’études aux labos pour améliorer la qualité des produits et résoudre le problème des industries. Or, il n’en est rien.

De l’autre côté, poursuit-il, on a beaucoup de compétences qui sont malheureusement bridées dans des labos non équipés. «S’il y a des demandes, on ne pourra pas les satisfaire par manque de moyens. Des moyens que seul l’État peut nous fournir par le biais des budgets alloués. Une solution pourra venir de l’autofinancement des labos», pense-t-il. En pleine crise économique, l’État se prive lui-même d’un des moyens majeurs de développement de l’industrie. Une sorte d’auto-amputation à la faveur de projets d’installation d’usines étrangères, dont le bénéfice pour l’Algérie est quasi nul.

Dans le même sens, le Professeur Saïda Belamri expliquera qu’au lendemain de l’indépendance, tous les efforts ont été orientés vers la réalisation de grandes usines sans réelle transmission de connaissances ni d’investissement parallèle dans les labos universitaires. «Actuellement, il n’y a ni liaison entre l’université et l’industrie ni développement des labos. On aurait aimé discuter autour de cette problématique et de facto d’une économie qui pense réellement à ça. La crise économique a touché de plein fouet les labos scientifiques, alors qu’en ces temps d’obligation de développement d’économie propre, c’est l’inverse qui se produit. Le peu de recherches faites aux universités à l’échelle nationale n’est que le fruit de volontés personnelles des chercheurs», notera-t-elle.

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