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Le stress, un mal à soigner

Les statistiques indiquent que près de 5% de la population souffrent en silence du stress.

Divulgués par le ministère de la Santé lors de la promotion d’un nouveau Plan national de santé mentale, le 11 de ce mois d’octobre 2017, les statistiques indiquent que près de 5% de la population souffrent en silence de ce mal. Un trouble qui ne se soigne pas exclusivement par un traitement médical. Car, pour lutter efficacement contre le stress, il faut savoir en déterminer les causes. C’est-à-dire plonger au cœur du mal. Dr Amel Bendahou, neurobiologiste à CGSA, identifie distinctement les causes et met un nom sur quelques agents stresseurs. «On a ouvert et scanné le cerveau.

On sait donc exactement où se situe la zone de la peur, de l’anxiété,etc. Il y a cette partie du cerveau qui sécrète la sérotonine, ce médiateur chimique intervenant dans plusieurs troubles psychologiques suite à des facteurs de stress tels que : la circulation, la performance des enfants a l’école, le logement, le harcèlement au travail, etc.», explique la psychiatre. Bien que ces facteurs semblent être communs, il existe alors un seuil différent de réponse au stress. Mais au-delà de ces sources fréquentes de stress, il y a celles qui sont encore plus profondes, car provoquées par des événements tragiques.

«L’histoire de chaque patient est imbriquée. Il vit son traumatisme au quotidien. Au-delà des facteurs communs, il y a des transmissions tragiques, des cryptes où le trauma n’a pas été travaillé. C’est le cas des traumatismes liés aux catastrophes naturelles et ceux de la décennie de violence, par exemple», développe-t-elle. Allant plus loin dans son argumentaire, Dr Bendahou révèle que le stress est encore plus sournois que l’on ne pense.
«Le stress se transmet. Les enfants sont hypersensibles à ce trouble. Même s’ils sont talentueux, le stress peut agressivement altérer leur génie et en faire des dépressifs», indique-t-elle.
Mais comment se sait-on

Stressé ?

«Je ne vais pas bien et je ne sais pas pourquoi», c’est la phrase récurrente qu’on entend chez les personnes traumatisées, résume la psychiatre.
Pour Dr Bendahou, l’identification de la raison d’un tel sentiment doit passer par le «retricotage» de l’histoire personnelle et la détermination des causes psychologiques. Des étapes indispensables pour pouvoir mettre le doigt là où le mal est niché. Pour ce qui est de la partie visible, les symptômes du traumatisme se manifestent généralement par des cauchemars, des flashs, une anxiété permanente, etc.

Dr Bendahou met l’accent également sur d’autres signes, entre autres, les palpitations, la boule épigastrique, les jambes qui se dérobent… «Les symptômes du stress sont multiples et variés. Tout dépend en fait de la réponse de l’individu à ce mal. Cette dernière se manifeste de différentes manières selon les personnalités. Mais on rencontre toujours les mêmes faciès et les mêmes mots», instruit la neurobiologiste.

De son côté, Dr Derguini, psychiatre spécialiste en addictologie à CGSA fait ressortir deux types de stress : le stress normal et le stress lié aux pathologies psychiatriques, entre autres, les troubles anxieux et dépressifs, ainsi que l’addictologie. «L’individu peut être stressé dans un état normal ou pathologique», précise-t-il.


Risques liés au stress


Si le stress est souvent considéré comme une réponse normale d’adaptation de l’organisme aux différentes agressions et contraintes qu’il rencontre, il n’en demeure pas moins que cette adaptation et cette réaction pourraient altérer le bon fonctionnement du corps. Les stressés évoquent souvent des signes plus ou moins communs chez tout un chacun, mais qui sont aussi des signes avant-coureurs de pathologies encore plus importantes. Il est à rappeler que, face à une longue période de stress, l’organisme s’amenuise, et les signes visibles, souvent négligés, laisseront place à des maladies graves parfois fatales.

«Les effets du stress à long terme doivent être pris en considération. Ce trouble psychologique peut être responsable d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’arrêts cardiaques, de la thyroïdite, du psoriasis, de la chute de cheveux, de rides, etc., ou de manière plus légère, on somatise, c’est-à-dire on ne parle pas et on a mal au ventre, au côlon, etc. D’ailleurs, on vient de découvrir que le côlon est le second cerveau du corps humain. Mais au-delà des pathologies physiques, il existe celles mentales. Le stress pourrait, à long terme, causer la dépression», explique Dr Bendahou.

La thérapie

Pour ce qui est du traitement du stress pathologique, les médecins de la clinique de gestion du stress et de l’anxiété préconisent une double prise en charge. «Le traitement médicamenteux est un volet incontournable des soins. Prescrire un comprimé sérotoninergique chaque jour pendant une année ne pose pas de problème, contrairement à ce que pensent beaucoup de praticiens. Car ce traitement augmente la sérotonine et permet de retrouver une vie normale», assure Dr Bendahou. L’autre volet des soins consiste à travailler sur l’histoire personnelle du patient. «Il s’agit de rechercher les facteurs anxiogènes», précise-t-elle.

Les enfants stressent aussi

Le stress est également présent chez les enfants. Tout comme les adultes, ils peuvent en subir les effets négatifs. En effet, le mode de vie d’aujourd’hui pousse les enfants à faire front à plusieurs agents stresseurs auxquels ils sont plus vulnérables. Dr Fatiha Kacimi, pédopsychiatre à CGSA renforce ce constat en mettant en exergue les causes réelles qui nuisent à leur santé physique et mentale. «Les phobies scolaires sont, en premier lieu, la cause principale du stress chez l’enfant.

Cet agent stresseur mène ce dernier à faire face à un mal-être qu’il ne peut pas gérer», explique d’emblée la psychiatre. Selon cette dernière, l’école est devenue un générateur de tension et de stress psychique. «On reçoit des enfants en consultation qui refusent d’aller à l’école. En les interrogeant, ils évoquent souvent le problème de pression qu’ils y subissent. Et pour cause, les programmes scolaires sont trop chargés, l’agressivité des camarades et parfois des instituteurs eux-mêmes sont pesants, mais ce qui les agresse le plus c’est la pression des parents qui les poussent toujours vers une compétition sans fin», indique Dr Kacimi. Ainsi, les parents qui sont censés soutenir et accompagner leurs enfants, agissent maladroitement et deviennent, de ce fait, une autre cause de stress. Mais pourquoi dit-on que les parents sont également un agent stresseur pour les enfants ? Dr Kacimi explique que l’esprit de compétitivité chez les parents et le souci de la performance de leurs enfants les obligent à s’impliquer davantage dans le suivi de ces derniers. Les parents deviennent donc stressés et les enfants, sensibles à ce genre d’attitude, adoptent les mêmes travers.

Comment savoir que son enfant est stressé ? D’après les experts de la clinique, l’enfant stressé se plaint de douleurs, entre autres, abdominales, des céphalées et autres migraines. «L’enfant somatise. Souvent les parents l’emmènent consulter un pédiatre et font des examens complémentaires avant de se rendre compte qu’il doit être pris en charge par un psychothérapeute», explique Dr Kacimi. Pour accompagner ces enfants stressés, les spécialistes préconisent d’essayer de rassurer l’enfant, faire un travail d’accompagnement en essayant d’y inclure les responsables de l’école et suivre en famille des séances de psychothérapie.

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